Créer sa société aux Émirats arabes unis, c’est souvent l’étape la plus excitante. La comptabilité, elle, arrive rarement en tête de liste des priorités et pourtant, c’est elle qui protège votre société sur le long terme.
Chez STARTher, on le dit clairement à chaque cliente : une société bien structurée mais mal suivie sur le plan comptable finit toujours par coûter plus cher que prévu.
Voici ce qu’il faut réellement savoir, sans jargon.
La fin du mythe du « zéro impôt » à Dubaï
Depuis juin 2023, les Émirats appliquent un impôt sur les sociétés (Corporate Tax) fédéral. Le principe est simple : 0 % sur les premiers 375 000 AED de bénéfice imposable, et 9 % au-delà.
Cette tranche à 0 % est permanente et s’applique à toutes les sociétés, y compris en free zone.
Deux régimes viennent ensuite se superposer selon votre situation :
1. Le statut de Qualifying Free Zone Person (QFZP)
Si votre société respecte les conditions de substance économique et de conformité (prix de transfert notamment), vos revenus « qualifiants » restent taxés à 0 %, sans limite de durée.
2. La Small Business Relief (SBR)
Pour les sociétés dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 3 millions AED, il est possible d’opter pour une exonération totale. Ce régime est transitoire et s’arrête pour les exercices se terminant au 31 décembre 2026.
À noter : Les deux régimes sont mutuellement exclusifs. Le bon choix dépend de votre structure de revenus et de votre horizon de croissance. C’est une décision à prendre avec un professionnel, pas au moment de la déclaration.
Les obligations comptables et fiscales (même sans revenu)
Beaucoup de nouveaux entrepreneurs pensent qu’une société inactive n’a rien à déclarer. C’est faux.
Dès l’obtention de la licence, votre société doit :
- S’enregistrer auprès de la Federal Tax Authority (FTA) pour le Corporate Tax, dans les délais impartis. Un retard expose à une pénalité de 10 000 AED.
- Tenir une comptabilité conforme, même en l’absence de chiffre d’affaires.
- Déposer une déclaration fiscale annuelle, même en optant pour la Small Business Relief.
- Vérifier son assujettissement à la TVA : seuil obligatoire fixé à 375 000 AED.
L’erreur la plus fréquente chez les entrepreneurs à Dubaï
La confusion la plus courante réside entre « avoir une licence » et « être en règle ».
Une free zone délivre une licence commerciale, elle ne s’occupe pas de votre comptabilité, de votre conformité fiscale, ni de vos obligations de substance économique. Ce sont des démarches séparées, souvent sous-estimées au moment de la création.
Point de vigilance : la documentation fiscale
Les sociétés qui prétendent au statut QFZP doivent documenter leur substance économique (bureau réel, personnel, activité effective aux Émirats) et leurs prix de transfert. Sans cette documentation, l’avantage fiscal peut être remis en cause a posteriori, avec rappel d’impôt à la clé.
Notre recommandation pour votre entreprise
Dès la création de votre société, mettez en place un suivi comptable mensuel ou trimestriel, même minimal. Cela vous évite deux choses :
- La mauvaise surprise en fin d’année.
- Le stress de reconstituer une année entière de justificatifs au moment de la déclaration.
Besoins d’accompagnement ?
Vous démarrez votre société aux Émirats et vous vous posez des questions sur vos obligations comptables ? Parlons-en.